Mois: mars 2016

#SolidaireOuTaisToi

Deux attentats terroristes ont eu lieu le 13 Mars dernier. Le premier s’est déroulé en Turquie, où Les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK) ont réalisé une attaque à la voiture piégée dans la capitale Ankara. 35 morts et plus de 120 blessés. A plus de cinq milles trois cent kilomètres de là, c’était Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui menait l’assaut dans trois hôtels de la station balnéaire de Grand-Bassam, à l’est d’Abidjan en Côte d’Ivoire. 19 morts.

Quatre mois jour pour jour après l’attaque terroriste qui a frappé Paris le 13 Novembre dernier (il semblerait que les superstitions sur le chiffre 13 aient de beaux jours devant elles), il est tout naturel d’établir une connexion entre les trois évènements. La connexion n’est pas factuelle. Ni le TAK, ni Aqmi n’est affilié à Daesh, et s’il existe une concordance des pratiques, elle semblerait d’avantage due à un simili de concurrence dans le milieu du terrorisme.

Non, si connexion il existe, elle est bien émotionnelle. Comment ne pas se sentir proche de gens, même à plusieurs centaines, voire milliers de kilomètres, victimes des mêmes atrocités que nous ? Car il serait de mauvais goût de comparer ses propres attentats avec ceux des autres, n’est-ce pas ? « Oui mais tu comprends, moi, mon attentat a fait tant de morts ! » « Nous, ils n’ont toujours pas arrêté les commanditaires, c’est bien plus grave ! » « Comment ça ? Personne n’a revendiqué ton attentat ? Désolé, mais ici on accepte que les vrais attentats ! » Quel mauvais goût cela ferait !

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Au crépuscule de la liberté d’expression

L’attentat contre Charlie Hebdo le 7 janvier 2015 aura été le 11 septembre 2001 français. Une date à laquelle on ne peut s’empêcher de revenir dès lors qu’on souhaite aborder un sujet s’approchant un tant soit peu de l’actualité. Parmi les nombreuses choses que le massacre a placé sous le feu des projecteurs se trouve la liberté d’expression.

La liberté d’expression nait au XVIIIe siècle. C’est la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui la définie en 1789, au lendemain de la Révolution française : « Article 11 – La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. »

En 1948, la Déclaration universelle des droits de l’homme renchérie : « Article 19 – Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. »

Peu après, en 1950, c’est la Convention européenne des droits de l’homme qui solidifie le tout : «  Article 10 – Toute personne a droit à la liberté d’expression. Ce droit comprend la liberté d’opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorités publiques et sans considération de frontière. »

En bref, la liberté d’expression est un droit humain qui coule de sens. Il est donc tout à fait inconcevable, en 2016, que quelqu’un tente de nous l’enlever. On a déjà compris, à travers le massacre de Charlie Hebdo, que la liberté d’expression est sous la menace terroriste. La mobilisation citoyenne (presque) exemplaire malgré la cacophonie médiatique et les accaparations de tout un chacun aura montré le regain d’amour pour la liberté d’expression. La France sera redevenue phare scintillant, perçant la sombre étendue des interdits, montrant la voie de la liberté.

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